Chinois en France

Jeudi 8 février 2007

 

Présidentielles

Les Chinois en France : et eux, et eux, et eux… ?

 

Avril 2002 a marqué les Français. Cinq ans après, les différentes forces politiques reviennent sur le ring pour disputer un nouveau trophée. Face aux promesses d’une trentaine de candidats, beaucoup de jeunes Français d’origine chinoise vont voter. Pour qui ? La tendance semble s'orienter vers la droite traditionnelle.

 

Combien sont-ils et où sont-ils ?

Le  nombre des immigrés chinois en France n’est pas très important  par rapport aux autres origines comme les pays maghrébins ou les anciens pays d’Indochine, mais il a connu « une ascension rapide », selon monsieur Squarcioni, le responsable de la Mission statistique de la DLPAJ(Direction des libertés publiques et des affaires juridiques), au ministère de l’Intérieur. Les Français chinois de souche seraient 600 000 actuellement, affirme Pierre Picquart, spécialiste du monde asiatique et auteur de L'Empire chinois (éd. Favre), résidents ou d’origine tous genres confondus, tandis que les autorités estiment qu’il y en  a environ 450,000. Parmi eux,100 000 ont le droit de voter au maximum, selon Xiao Fei, journaliste de la Nouvelle Europe, journal en langue chinoise basé à Paris.

« La plus grande partie de la population chinoise établie en France vit dans la région parisienne », écrit Brigitte Tison dans son article « L’immigration chinoise en France », publié dans le revue « Migrations Santé » qui a consacré un numéro spécial sur l’immigration chinoise en 2005. On connaît le fameux XIIIe arrondissement, le « China town » parisien, mais, selon l’auteur, la communauté chinoise se regroupe également autour de la gare de Lyon, dans les IIIe et VIe arrondissements, dans le XIXe arrondissement soit le Bas-Belleville, et à Marne la Vallée (Seine-et-Marne).

Quant à leurs professions, ils travaillent en masse dans la restauration, mais ils sont présents dans les domaines aussi variés que les agences de voyage, les magasins de vidéo, et les grandes entreprises multinationales.

 

Vont-ils voter et pourquoi?

Les élections présidentielles représentent  le grand  théâtre de la démocratie en France. Pour bien s’intégrer dans la  société française, il faut que les Français d’origine chinoise profitent de cette occasion « pour se faire entendre », insiste Hanping Zhang, commerçant dans le quartier informatique du XIIe arrondissement.

Mais est-ce qu’ils vont voter en 2007 ? « La communauté chinoise donne l’impression qu’elle ne pense qu’à faire du commerce et à gagner de l’argent », confie Meina Huang à la Nouvelle  Europe. « Les Français d’origine chinoise ne votent pas en général. Ils ne se sentent pas avoir le droit et le devoir en tant  que citoyen français », souligne Antony Fang, 29 ans, encadreur à Ivry.

Qui va voter alors ? « Les jeunes votent plus que les personnes plus âgées », estime Jean-Marie Cambacérès, président de l’association France-Asie, ancien député du Parti socialiste. Les jeunes entre 20 et 30 ans se sentent en général plus concernés par la politique : « Je me suis inscrit sur les listes électorales dès mes 18 ans », répond Sébastien To, consultant informatique de 29 ans, né en France. « Je vote parce que c’est cela qui différencie un civil d’un citoyen », explique-t-il. En revanche les individus de plus de 40 ans sont nettement moins intéressés par les élections présidentielles : « On ne parle pas de politique. On ne comprend pas les Français », élude la patronne chinoise naturalisée française, qui tient une boutique  de sacs.

Pourquoi existe-il une telle rupture ? « La plupart des jeunes sont nés ici ou venus en France à très jeune âge », constate un spécialiste du Maoïsme et de la Chine, « ils ont connu la citoyenneté française à l’école. C’est une raison pour laquelle ils votent plus  que les générations précédentes, qui ont souvent eu la nationalité française après leur arrivée en France, et qui ont  plus d’intérêt à s’y intéresser a priori ».

 

Pour qui vont-ils voter ?

En 2002, avec la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour, ils ont voté majoritairement pour Chirac comme la plupart de Français. « On était obligés », précise Valentin Ye, 23 ans, né en France, qui travaille dans la boutique de son père dans le IIIe arrondissement à Paris. Pour cette année, les avis sont encore vagues  et indéterminés. « Je  ne sais pas encore », répond Richard Trinh, étudiant de 22 ans, né en France.

Ils balancent surtout entre les deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Le président de l’UMP n’arrête pas de citer la communauté chinoise comme « le modèle » des immigrés sur le territoire républicain, alors que la candidate socialiste a effectué récemment une visite au pays de leur origine et qu’elle est en faveur du regroupement familial. Tout reste encore à jouer.

« J’ai une idée floue entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy », explique Antony Fang, qui penche plutôt vers la gauche, « mais si Chirac se présente, cela change tout » . Bien que la candidate du Parti socialiste ne lui donne pas confiance, il ne veut pas voter pour le ministre de l’intérieur. « C’est cela le problème de la France : on ne vote pas pour quelqu’un, mais contre quelqu’un. C’est le vote par défaut », continue-t-il.

« Je ne m’y connais pas assez pour faire un bon choix », révèle Joseph Chang, vendeur de 27 ans, né en France et travaille actuellement dans une banque française à Hong Kong. « A voir selon les programmes, mais mes origines chinoises me poussent à voter pour un parti de centre-droit », poursuit-il.

« Je n’ai pas encore d’opinion fixée», dévoile une étudiante de 23 ans en finance dans une école d’ingénieur, née en France, « j’attends le déroulement de la campagne pour me faire un avis plus précis, mais a priori je penche plutôt pour Nicolas Sarkozy », Parce que Sarkozy lui semble « avoir beaucoup de carrure et de courage ».

« Je n’ai pas encore la nationalité française, mais mon mari, qui est né en France, va voter  plutôt pour la gauche, parce que nous sommes toujours des étrangers aux yeux des Français purs », confie Zhen Chen, billettiste de 26 ans, qui est en France depuis cinq ans et travaille dans une agence de voyage. Son mari qui a le même âge qu’elle, est informaticien dans une grande multinationale, et ce n’est pas la première fois qu’il va voter.

« Les Français d’origine chinoise qui sont installés dans le pays depuis longtemps, sont pour beaucoup des commerçants », témoigne le même spécialiste de la Chine, « ils n’ont pas de problème de revenus. N’étant pas touchés par la discrimination, ils vont plutôt voter pour la droite. Tandis que les nouveaux arrivants, ils n’ont pas cette culture de voter ».

 

La différence d’attitude entre les Français nés en Chine et ceux qui sont nés en France est très évidente. Cela montre une grande confrontation des deux cultures. Pour mieux s’intégrer dans la société, la culture et la vie françaises, il faut que les immigrés chinois fassent plus d’efforts pour comprendre les autres et se faire entendre.

 

Par LG
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 4 décembre 2007
IMGP2215.JPG Pour avoir une vie plus aisée, ils ont quitté leur ville natale Wen Zhou, ville côtière dans le sud-est de la Chine. Arrivés en France avec un visa de tourisme ou avec d’autres réseaux, ils se retrouvent dans une situation irrégulière : les sans-papiers.

« Cela fait cinq ans que je suis venu en France, et j’attends les papiers nécessaires pour faire ma demande de régularisation », explique Su, 39 ans.
Son parcours n’a rien de spécial. Arrivé en France avec un visa touristique, en payant 210.000 yuans (soit 21.000 euros), il a suivi un chemin classique pour les clandestins chinois : payer un avocat d’origine chinoise, avec qui il arrivait à communiquer, pour obtenir l’asile. « C’est très important ce papier, car quand je demanderai la régularisation, je pourrai prouver que je suis bien en France depuis ce moment-là », confie cet homme maigre et grand. Avec ces papiers, il recevait une somme d’argent de la part du gouvernement français. Au bout d’un an, il est devenu vraiment un sans-papiers. « Ils ne viennent pas nous chercher à la maison, donc nous n’avons pas peur de demander des papiers en enregistrant nos identités à la police. »
Après cette étape, c’est le début d’une longue attente. Pour avoir la nationalité française, les critères sont très détaillés. « J’ai ma famille ici, donc au bout de cinq ans, je peux déjà constituer un dossier de demande de régularisation », continue Su, « mais si tu es seul, il faut attendre dix ans ».

Il a une grande famille ici en France. Sa femme, Cheng, est venue un an après lui, et l’année dernière, ils ont fait venir leur fils de 14 ans, Shaojie. « Mes quatre belles-sœurs sont toutes en France avec leur famille », exprime Cheng, « chez Su, il ne reste plus que les deux parents ». Tous sont sans-papiers.
Pas d’identité, ils travaillent au noir, mais ils arrivent à vivre, même pas trop mal. « C’est bien en France, car nous pouvons avoir autant d’enfants qu’on veut », sourit Cheng. Ce couple a eu une petite fille de 11 mois, nommée Céline, et déjà elle est de nouveau enceinte de sept mois.
« En ce moment, la seule chose que nous faisons, c’est attendre, pour être régularisés », espère Su, « j’ai vraiment envie de retourner en Chine pour voir mes parents, mais sans-papiers, je ne pourrai rien faire ».

La France fait rêver avec ces belles images, sa réputation de liberté et d’égalité. Pour ceux qui y vivent en clandestin, ce n’est pas le paradis qu’ils cherchent. Ils sont bloqués là, entre deux mondes. Ils ne peuvent ni avancer, ni reculer, vivant en marge des deux sociétés, confrontés à des vides juridiques.

Photo: dans un service de gynégologie, Cheng avec sa fille Céline.  Par Lei Gong.

Par Lei Gong
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Recommander

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés