« La coupe est pleine »

Publié le par LG



Le climat est froid, mais l’ambiance était chaude ce matin, lors de la manifestation des enseignants du secondaire. Entre 2 000 (selon la police) et 10 000 (selon les syndicats) d’entre eux se sont mobilisés lors du défilé organisé entre Port-Royal (Ve) et le siège du ministère de l’Education, rue de Grenelle (VIIe). L’opération, menée conjointement par quinze syndicats d’enseignants de tous bords, s’est déroulée sans heurts même si pour beaucoup, « la coupe est pleine ».
« Retrait du projet de Robien sur nos services et nos statuts » et « ouverture de véritables négociations » sont les moteurs de leurs revendications qui figuraient sur la grande banderole
ouvrant le cortège.
« Je suis venue pour manifester contre le changement de statut », confie Eveline, enseignante de marketing en BTS à Aulnay-sous-Bois (93).
Le désaccord entre le décret du ministre de Robien et les instituteurs est multiforme. « On a un forfait de trois heures qui est mis en cause, donc je suis là spécialement pour cela», explique Claude, professeur d’EPS à Aulnay-sous-Bois (93). « Il nous oblige de travailler sur plusieurs matières alors que l’on n’est pas formé pour cela », souligne Florence, professeur de mathématiques dans un lycée à côté de Melun (77). Selon elle, c’est « assez difficile, et finalement, c’est les élèves qui en pâtiront ».
« Dans certaines écoles où il y a une centaine d’élèves, on n’a que quatre ou cinq surveillants », révèle Marc, débutant dans la profession dans « un lycée aisé » à Charenton (94). « On a besoin de monde, et le décret est encore une façon de diminuer des créations de postes. C’est scandaleux. Le projet propose de rogner sur l’emploi du temps et sur le budget, alors que tout le monde sait que le budget de l’éducation est la priorité de n’importe quel Etat ».

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