Vendredi 17 novembre 2006
C’est facile de savoir ce que l’on lutte contre, mais c’est difficile de savoir ce que l’on lutte pour. -- Un proverbe africain Une chinoise qui apprend le français, la question qu’elle rencontre la plus est : pourquoi tu apprends le français alors que toute la Chine apprend l’anglais ? Ben oui, j’ai choisi le français au lieu de l’anglais. J’ai fait ce choix quand j’avais 13 ans et c’est juste grâce à l’envie des jolies robes de soirées.
Quand les professeurs chinois commençaient à nous anesthésie avec la grandeur de la France, les Français s’intéressaient plutôt à ce que l’on pensait de leur pays et d’eux. Une question classique avec des citoyens du pays de la loi (l’interprétation de la traduction de la « France » en chinois) était : « donnez trois mots qui viennent dans vos pensées quand on parle de la France ». Alors la réponse était souvent unie : romantique, libre, élégante. Cela faisait rire des Français, dont une m’a dit : « pourquoi vous pensez que nous sommes romantiques ? Je trouve que les Chinois sont plus romantique que nous. » Oui, nos hommes passent beaucoup de temps à la maison, auprès de ses chers, nos prommesses tiennent peut-être plus longtemps, mais nous ne nous exprimons pas nos émotions, nos amours devant les autres gens, nous sommes beaucoup moins libre dans nos gestes de peur de perdre la face (notion chinoise qui veut dire être déshonoré). Donc, pour nous, c’est vous qui êtes plus romantiques, car nous avons toujours envie de ce que l’on ne possède pas.
A l’université, c’était une époque de nouvelles découvertes. Plus de connaissances générales, plus d’activités, plus d’amis. De la poésie chinoise à l’économie internationale, de la danse au tennis, du Malien au Hollandais, la vie était vraiment très belle.
Un jour, je ne suis même pas capable de vous dire quel jour, une idée est venue dans ma tête sans prévu et qui s’y est installée depuis : travailler dans l’aide humnitaire, pour montrer les souffrances et les malheurs oubliés par le reste du monde. L’Homme est toujours insatisfait, on ne peut sentir le bonheur que quand on ne l’a plus. Montrer la faim des enfants africains, peut collecter des dons pour eux, et peut aussi faire apercevoir des raleurs combien ils sont heureux avec la traquillité de la vie. Pour cette raison, j’ai vécu deux ans en Algérie, avec un groupe de médecins, envoyés par le gouvernement chinois, pour aider ce pays qui a encore plus de difficultés que chez nous. J’ai vu des bébés abandonnés, j’ai vu des adolescents blessés pendant des bagarres, j’ai vu des vieillard qui se faisaient soigner pour pouvoir continuer leur travail. La femme a perdu son mari, la maman a perdu son fils, les larmes, les cris, les prières. Mais j’ai vu aussi le grand bleu de la méditerranée, la joie de la jeune marié en gandoura (habit traditionnel), la gentillesse de simples gens du quartier...
En juillet 2006, après six mois de retour à mon pays, je suis venue en France, à Paris, une ville qui fait tant rêver des tas de monde. Le journalisme, ce qui se rapproche de mon but, est impressionnant et passionnant, je m’y investie, j’apprends, j’approfondis. Avec du courage, j’avance dans le chemin que moi-même ai choisi. Il n’y a pas que de la rose dans la vie, mais je souris malgré tous les obstacles...
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