Perwiz Kambakhsh serait emprisonné pour faire taire à son frère

Publié le par Lei Gong

« Ils ont hésité à m’arrêter, et finalement ils ont attaqué ma famille », accuse Yaqub Ibrahimi, journaliste afghan en tournée en Europe. Lors d’une conférence de presse organisée mardi au siège de Reporters sans Frontières (RSF) à Paris, il a fait l’appel à la communauté internationale pour intervenir dans le procès de son frère, Perwiz Kambakhsh, étudiant en journalisme de 23 ans, qui a été contamné à mort le 22 janvier dernier pour « blasphème » à Mazar-I-Sharif, en huit-clos et sans aucun avocat pour le défendre. 

Travailler depuis 2003 pour des médias étrangers en Afghanistan, Yaqub Ibrahimi est connu surtout pour ses enquêtes sur les violations des droits de l’homme commises dans le nord du pays. Des chefs de guerre, des religieux fondamentalistes se sentent toucher par ses articles. « Je suis plusieurs fois menacé, et maintenant, je ne peux plus vivre à Balkh, et je suis obligé d’aller à Kaboul », confirme-t-il, « c’est moi qui suis visé derrière cette affaire(…) Ils contrôlent la vie quotidienne des gens. Donc ils n’acceptent pas les journalistes qui écrivent contre eux et qui forment une opinion contre eux ». Selon lui, son frère n’a ni téléchargé, ni imprimé, ni diffusé le document concernant une analyse d’un verset de Coran, qui lui a coûté la peine de mort. 

« Ce cas a montré la situation réelle de la sécurité des journalistes indépendants en Afghanistan », affirme ce collaborateur de plusieurs médias internationaux. « Les journalistes sont souvent attaqués par les religieux en utilisant le blasphème. Leur but est de limiter la liberté d’expression », ajoute-t-il. 

Yaqub Ibrahimi a évoqué la situation actuelle de son frère, qui « est en danger à tout moment », car il est dans une cellule avec une trentaine de criminels et est très anxieux. Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, a affirmé d’ailleurs que le président afghan, Hamid Karzaï, a donné la promesse de ne pas signer l’autorisation d’exécution. Reste à savoir quand le jeune condamné sera libéré.

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