La Chine appelle à la Communauté internationale à œuvrer au développement et à la reconstruction de Darfour

Publié le par Lei Gong

La Chine est prête pour une coopération adéquate avec les pays occidentaux au sujet de la crise au Darfour, pour trouver une "solution pacifique", a affirmé l'envoyé spécial chinois au Soudan et au Tchad, Liu Guijin, le mercredi 5 mars lors d'une conférence de presse à Paris.
 
Liu Guijin a présenté d'abord sa visite au Tchad et au Soudan, en soulignant que lors de ses rencontres avec les chefs d'Etat de ces deux pays, la Chine a demandé ces deux pays de montrer une attitude positive envers les opposants pour mettre fin aux conflits entre les différentes ethnies.
 
La Chine a joué un rôle positif pour résoudre la crise de Darfour, selon Liu Guijin. A l'heure actuelle, le déploiement des forces hybrides ONU-Union africaine  de maintien de la paix au Darfour a eu des progrès malgré les difficultés rencontrées. Il reste deux principaux problèmes à régler: le déploiement des militaires thaïlandais et népalais et la manque d'hélicoptères et des troupes de transport. Pour le premier problème, la décision sera prise après le déploiement des armées africaines. Quant au second, ce sera la responsabilité de la communauté internationale.
 
Pour régler ces problèmes, il faut des efforts de cinq acteurs:
- Le gouvernement soudanais, il est le principal acteur, car la crise de Darfour est avant tout un problème intérieur de Soudan;
- Les opposants, il faut qu'ils acceptent la négociation avec le gouvernement;
- Les pays dans la région, les principaux pays voisins devraient être coopératifs
- ONU et l'Union africaine
- La communauté internationale, surtout les cinq pays permanents du conseil de sécurité devraient parler "en voix unique"
 
Il ne faut pas focaliser sur la vente d'armes de la Chine vers le Soudan, selon Liu Guijin, en répondant une question. "Ce serait injuste." Le Soudan est le 3e pays en Afrique au terme de la fabrication des armes, après l'Afrique du Sud et l'Egypte, et il est autosuffisant en matière d'armemement conventionnel et de munitions. En plus, la Chine est un des sept pays fournisseurs principaux du Soudan, et en 2006, seulement 6% d'importation d'armements venait de la Chine.
 
Concernant la position de la France dans le problème de Darfour, le gouvernement français "a pris des décisions selon sa politique", estime Liu Guijin, "la Chine soutient depuis le début des propositions de la France à l'ONU pour régler cette crise". Pendant sa visite au Soudan et au Tchad, il a souhaité que ces deux pays pourraient s'entendre pacifiquement, sans soutenir les opposants mutuels.
D'ailleurs, il affirme qu'il n'a aucune information au sujet du conflit entre les armées française et soudanaise lundi dernier. Tout ce qu'il sait est la disparition d'un soldat français à la frontière Soudan - Tchad. La Chine est ouvert et soutient toutes les propositions positives à la résolution de cette crise.
 
"La coopération énergique entre la Chine et le Soudan n'est pas différente que celles entre l'Europe et le Soudan, ou la Chine et d'autres pays africains", répond Liu Guijin. Les principes de ces coopérations sont "normal, intérêts mutuels, transparent et non exclusif". Il a souligné qu'une entreprise de raffinerie implantée au Soudan est considérée comme chinoise, mais au fait, elle est une joint-venture entre la Chine, l'Inde et la Malaisie. La part d'actions indiennes et malaisiennes sont plus importantes que celle chinoise.
En 2006, les exportations énergiques des pays africains sont destinées surtout à l'Union européenne et les Etats-Unis, ceci représente respectivement 36% et 33%. Alors que la part de la Chine n'est que 8,7%, donc c'est injuste de dire que la Chine "pille" les ressources des pays africains.
 
A part la coopération énergique, d'autres formes coopérations existent entre la Chine et le Soudan. Il concerne surtout les domaines d'équipement comme les routes, les ponds, les barrages et l'électricité. Beaucoup de travaux sont dans des zones contrôlées par les opposants, et il y a de grandes risques. Selon Liu Guijin, l'eau et la prairie sont l'origine de cette crise de Darfour. Si la communauté internationale n'aide pas au peuple soudanais dans le développement et la reconstruction, après le départ des forces ONU-UA, le conflit pourrait resurgir. La Chine a déjà commencé des projets de développement dans la région de Darfour: 20 stations de centrale électrique, dont 18 construites, 2 en cours; 46 puits dont 10 en cours de construction pour le nord de Darfour; une clinique; 120 écoles mobiles pour servir aux camps des réfugiés.
 
A la fin, Liu Guijin a exprimé l'appréciation de la Chine envers de nombreuses ONG françaises dans cette région, et il a répété la volonté de coopérer avec les pays occidentaux pour régler la crise de Darfour. Selon lui, il faut dialoguer avec le gouvernement soudanais "qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas". Il faut instaurer une confiance minimum entre le Soudan et les pays occidentaux. Sur cette crise, l'objectif et la politique chinois ne sont pas différents que ceux des pays occidentaux, la seule différence est les approches appliquées. La Chine est opposée à toutes politiques de sanctions et de l'embargo, mais elle ne veut pas de confrontation avec les pays occidentaux et est prête à coopérer pour trouver une solution adéquate.

Publié dans Chine express

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