Sans-papiers chinois : entre la France et la Chine

Publié le par Lei Gong

IMGP2215.JPGPour avoir une vie plus aisée, ils ont quitté leur ville natale Wen Zhou, ville côtière dans le sud-est de la Chine. Arrivés en France avec un visa de tourisme ou avec d’autres réseaux, ils se retrouvent dans une situation irrégulière : les sans-papiers.

« Cela fait cinq ans que je suis venu en France, et j’attends les papiers nécessaires pour faire ma demande de régularisation », explique Su, 39 ans.
Son parcours n’a rien de spécial. Arrivé en France avec un visa touristique, en payant 210.000 yuans (soit 21.000 euros), il a suivi un chemin classique pour les clandestins chinois : payer un avocat d’origine chinoise, avec qui il arrivait à communiquer, pour obtenir l’asile. « C’est très important ce papier, car quand je demanderai la régularisation, je pourrai prouver que je suis bien en France depuis ce moment-là », confie cet homme maigre et grand. Avec ces papiers, il recevait une somme d’argent de la part du gouvernement français. Au bout d’un an, il est devenu vraiment un sans-papiers. « Ils ne viennent pas nous chercher à la maison, donc nous n’avons pas peur de demander des papiers en enregistrant nos identités à la police. »
Après cette étape, c’est le début d’une longue attente. Pour avoir la nationalité française, les critères sont très détaillés. « J’ai ma famille ici, donc au bout de cinq ans, je peux déjà constituer un dossier de demande de régularisation », continue Su, « mais si tu es seul, il faut attendre dix ans ».

Il a une grande famille ici en France. Sa femme, Cheng, est venue un an après lui, et l’année dernière, ils ont fait venir leur fils de 14 ans, Shaojie. « Mes quatre belles-sœurs sont toutes en France avec leur famille », exprime Cheng, « chez Su, il ne reste plus que les deux parents ». Tous sont sans-papiers.
Pas d’identité, ils travaillent au noir, mais ils arrivent à vivre, même pas trop mal. « C’est bien en France, car nous pouvons avoir autant d’enfants qu’on veut », sourit Cheng. Ce couple a eu une petite fille de 11 mois, nommée Céline, et déjà elle est de nouveau enceinte de sept mois.
« En ce moment, la seule chose que nous faisons, c’est attendre, pour être régularisés », espère Su, « j’ai vraiment envie de retourner en Chine pour voir mes parents, mais sans-papiers, je ne pourrai rien faire ».

La France fait rêver avec ces belles images, sa réputation de liberté et d’égalité. Pour ceux qui y vivent en clandestin, ce n’est pas le paradis qu’ils cherchent. Ils sont bloqués là, entre deux mondes. Ils ne peuvent ni avancer, ni reculer, vivant en marge des deux sociétés, confrontés à des vides juridiques.

Photo: dans un service de gynégologie, Cheng avec sa fille Céline.  Par Lei Gong.

Publié dans Chinois en France

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LIN FANG XIN 03/06/2008 16:17

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